Poumon vert et tapis rouge

« Si vous plantez des arbres, vous êtes sûr que ce que vous faites est bien. »

Francis Hallé

Luc Marescot

Depuis son enfance, Luc Marescot est un passionné de la nature ; sa fascination remonte à la vision des films du monde arctique que projetait son père, pilote d’hélicoptère de l’explorateur polaire et ethnologue Paul-Emile Victor. De là, son désir irrépressible de parcourir le monde – ce qu’il fait durant deux ans, à pied, en bateau, en train, en auto-stop même, en compagnie de trois amis avec lesquels il fonde une agence de presse itinérante. Attirant l’attention de Nicolas Hulot, celui-ci fait trois sujets sur leur expédition avant d’employer Luc Marescot dans son équipe d’Ushuaïa, en tant que caméraman, puis réalisateur. Durant 22 années, il sillonne tous les écosystèmes et travaille avec de nombreux défenseurs de la nature, dont le volcanologue Haroun Tazieff, l’explorateur Jean-Louis Étienne et le biologiste Théodore Monod.

Rencontre avec le botaniste fRANCIS hALLÉ

Au début des années 2000, alors que Luc Marescot filme une expédition du radeau des cimes dans une forêt de Madagascar, il fait la rencontre du botaniste et biologiste Francis Hallé, spécialiste des forêts primaires, qui s’avère déterminante pour lui.

« Il me révèle certains secrets de la grande forêt : les symbioses, les coopérations entre plantes et animaux, l’ingéniosité du végétal… et je me mets à aimer sa forêt, parce ce que ses histoires déclenchent mon imaginaire. J’y perçois quelque chose de magique. »

Un nouveau regard sur les forêts, s’offre à lui.

Plus que jamais convaincu de la nécessité de les préserver, il tourne une douzaine de documentaires sur les forêts tropicales, véritables berceaux de la biodiversité.

Mais pour éveiller les consciences, convaincre et toucher un plus grand nombre, il en vient à penser que c’est un film de fiction qui serait le plus approprié, car le cinéma véhicule l’émotion.

Poumon vert et tapis rouge, son premier long-métrage documentaire, témoigne de son parcours vers la réalisation de ce film de fiction, qu’il voudrait de la portée d’un blockbuster, façon thriller écologique.

Quand je suis en forêt tropicale, près des chantiers forestiers, à voir tomber des arbres centenaires comme de vulgaires allumettes, je rêve d’un botaniste pacifiste qui se transforme en éco-guerrier, et endigue ce massacre boulimique.

Luc Marescot

La volonté de toucher un plus grand nombre

Un film hybride

A défaut des jungles et des forêts qu’il connaît bien, Luc Marescot sillonne cette fois le monde du cinéma avec un enthousiasme communicatif. Il s’envole à la recherche de conseils pour créer un film de fiction. Au fil de ses rencontres avec des scénaristes et réalisateurs (Mehdi Ben Attia, Jérôme Salle), des producteurs (Jacques Perrin et Jean-François Camilleri – président de Disney France), et des acteurs (Juliette Binoche, Edouard Baer), à Cannes, Paris, Berlin, jusqu’à Los Angeles… il devient de plus en plus lucide quant à la réalisation de son projet ; il n’est pas prêt, tant techniquement que financièrement.

Mais si l’avenir de son film de fiction est plus qu’incertain, son documentaire sera, lui, créatif et hybride. Ni vraiment documentaire pur et dur, ni vraiment fiction, utilisant caméra et écran de téléphone, Poumon vert et tapis rouge le met lui-même en scène dans sa quête personnelle et imaginative vers son rêve de thriller écologique. Les séquences sont entrecoupées d’extraits de ses documentaires sur la nature, d’images de forêts, qui reste l’objectif principal ; la forêt et ses sons presque mystiques, rompus par le bruit des tronçonneuses, rappelant l’urgence.

Images : Destiny Films / MC4

Date de sortie le 02/03/2022

Poumon vert et tapis rouge
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