Billie

Un documentaire réalisé par James Erskine

BILLIE
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a propos

“Billie” retrace l’histoire tragique de la grande chanteuse de jazz des années 30, Billie Holiday, interprète hors pair au timbre inimitable, luttant malgré elle en faveur des droits pour les personnes noires en pleine période de ségrégation.
Le documentaire s’appuie sur l’enquête et les témoignages recueillis par la journaliste Linda Lipnack Kuehl dans les années 70 pour un livre resté inachevé.

Billie Holiday, de son vraie nom, Eleanora Fagan est née à Philadelphie le 7 avril 1915, de Clarence Holiday, guitariste de jazz, et de Sadie Fagan. Non reconnue par son père et délaissée par sa mère trop jeune, on la confie à sa tante avant d’être placée dans des maisons de redressement pour jeunes noirs, où elle sera victime de mauvais traitements.
A l’âge de 13 ans, elle rejoint sa mère à New York. C’est là qu’elle découvre le jazz dans les clubs de Harlem, où elle commence à chanter.

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En 1932, elle choisit son nom de scène : Billie Holiday, d’après le nom de son père. Alors qu’elle remplace la chanteuse Monette Moore, elle fait la rencontre du producteur John Hammond qui va lancer sa carrière.
L’ascension est fulgurante, dès 1936, les ventes de ses enregistrements prennent de l’ampleur. Elle collabore avec des légendes du jazz, comme le pianiste Teddy Wilson, le trompettiste Roy Eldridge ou le joueur de saxophone Lester Young qui la surnomme "Lady Day".
En 1938, elle rejoint le grand orchestre d’Artie Shaw, elle est la première femme noire à travailler avec un groupe blanc. Mais en tournée dans les Etats du Sud, Billie est victime de discrimination.
Elle trouve refuge au Café Society (club de jazz), où elle s’engage explicitement pour la cause des Noirs avec son interprétation du morceau "Strange Fruit".

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Emission Open Jazz de France Culture
(septembre 2016)

Mais si sa carrière musicale est un succès, sa vie personnelle est chaotique : elle enchaîne les liaisons violentes, et, dépressive, sombre dans une dépendance à l’alcool et à la drogue. 
En 1947, Billie Holiday est emprisonnée pour possession de stupéfiants. A sa libération, sa condamnation la prive du droit de se produire dans les clubs de la ville. Sa santé se dégrade, mais elle continue les enregistrements, les apparitions télévisées, et part même en tournée en Europe en 1954.
Elle publie son autobiographie,
Lady Sings the Blues (compilation de toutes ses anciennes interviews) et enregistre son dernier album en 1959, affaiblie et ravagée par l’alcool.
Elle meurt d’une cirrhose, à 44 ans, dans la ville de New York, le 17 juillet 1959.

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strange fruit

“Les arbres du Sud portent un étrange fruit
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers

Scène pastorale du Sud galant
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Le parfum des magnolias, doux et printanier
Puis, l’odeur soudaine de la chair qui brûle

Voici un fruit que les corbeaux picorent
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
Que le soleil fait pourrir, que l’arbre fait tomber
Voici une bien étrange et amère récolte”

Chanson contre le racisme, qui dénonce le lynchage des Noirs dans les Etats sudistes, notamment les “Necktie Party” (pendaisons publiques). Composée en 1946 par Abel Meeropol, un jeune professeur de lycée, la chanson est offerte à Billie Holiday et rencontre un immense succès.
Symbole de l’engagement de Billie Holiday dans le mouvement des droits civiques, la chanson devient l’hymne du Café Society et du combat politique pour l’égalité. En 1999, elle est désignée plus grande chanson du XXe siècle par Time Magazine.

Il y a maintenant des jeunes qui veulent savoir d'où vient mon style, comment il a évolué, etc. Je ne sais que leur dire : si un air vous émeut, il n'y a pas à faire évoluer quoi que ce soit. Il suffit que vous ressentiez quelque chose, et quand vous le chantez les gens ressentent la même chose que vous. Pour moi, ça n'a rien à voir avec le travail, l'arrangement ou les répétitions. Qu'on me donne une chanson qui me prend aux tripes et il n'y a pas de travail qui tienne.

Billie Holiday – Lady sings the blues

Drogue, prostitution, violence, tous les aspects sombres de la société ont imprégné la vie de Billie Holiday, ce chaos se retrouve dans ses chansons et ses performances, donnant à leur interprétation une résonance et une émotion dramatique.
Billie Holiday chante d’une voix au timbre légèrement enroué allié à une diction claire et un vibrato discret, elle joue, vit intensément les paroles, sans avoir jamais pris un cours de chant.
Elle aura enregistré 12 albums studio, 3 albums live et 38 singles.

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Linda Lipnack Kuehl

Linda Lipnack Kuehl, fascinée par Billie Holiday, avait comme projet d’écrire un livre sur elle, empreint de vérité. C’est 12 ans après la mort de la chanteuse, entre 1971 et 1972, qu’elle part à la rencontre de celles et ceux qui l’ont connue, et enregistre sur son magnétophone plus de 200 heures d’interviews : Charles Mingus, Sarah Vaughan, Tony Bennett, Count Basie, ses beaux-parents, des amis d’école, ses proxénètes, des compagnons de cellule, des avocats et même les agents du FBI qui l’ont arrêtée…

Un corpus extrêmement riche, témoignant de son obsession, et pourtant, le livre de Linda est resté inachevé. Linda travaillait à la défense des droits des femmes, et selon sa famille, des complications seraient survenues.
En 1978, son corps est retrouvé dans une rue de Washington. La police conclut à un suicide, elle se serait jetée par la fenêtre du 3ème étage, après s’être rendue à un concert de Count Basie.

C’est ainsi que ses bandes sonores et son manuscrit sont restés dans l’oubli.

A la demande de James Erskine, le producteur Barry Clark-Ewers mène les recherches et retrouve les fameuses bandes chez un collectionneur du New Jersey. Par la suite, l’équipe entre en contact avec la famille de Linda, qui leur confie des films familiaux et leur permet de partager son histoire.

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A partir des interviews audios restaurées (grâce au travail de Tom Wollaert) et numérisées, le réalisateur James Erskine entrelace les voix à des archives vidéo et des photos. 

La majorité de ces archives sont en noir et blanc, un autre défi technique. Il fait alors appel à l’artiste brésilienne Marina Amaral pour coloriser les vieilles images.

Il n’existe presque pas d’images de Billie en couleur. Et pourtant, le monde de Billie était un monde de couleur et nous avons donc pensé que si nous voulions vraiment entrer dans son monde, nous devions trouver une technique pour dépasser les images monochromes artistiques de l’époque

James Erskine

Le choix, original et ambitieux, d’imbriquer dans l’histoire de Billie Holiday la quête de Linda Lipnack Kuehl, rompt la ligne directrice chronologique des monographies ; en résulte une biographie “kaléidoscopique” astucieusement montée, qui rend un double hommage à deux femmes en quête d’authenticité et de liberté.

La vie tumultueuse et tragique de Billie Holiday a suscité un biopic en 1972, Lady Sings the Blues (de Sidney J. Furie), avec Diana Ross, adaptée de l’autobiographie de la chanteuse.

sortie vidéo le 02/02/2021

Billie
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