Réalisé par Hubert Sauper

Hubert Sauper, connu pour ses films documentaires sociopolitiques, tels Le cauchemar de Darwin (2004), qui s’intéresse à l’impact environnemental de l’industrie de la pêche sur l’écosystème tanzanien, et Nous venons en amis (2014), centré sur le conflit armé au Soudan, pose cette fois sa caméra à Cuba.

Télérama
TéléramaMathilde Blottière
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Moins sombre que ses films précédents, Epicentro salue surtout la fierté bravache des Cubains, qui s’opposent à l’arrogante Amérique. On n’oubliera pas la détermination de ces deux petites Cubaines de 11 ans qui parlent de géopolitique avec une intelligence et un naturel déconcertants.
Le Journal du Dimanche
Le Journal du DimancheStéphanie Belpêche
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Un parti pris étonnant, appuyé par une voix-off qui interpelle le spectateur et des images impressionnistes.
CultureBox - France Télévisions
CultureBox - France TélévisionsJacky Bornet
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Hubert Sauper emmène sa caméra à La Havane où il interroge des enfants sur Cuba. Sans clichés, il parle de la colonisation, de l’impérialisme, de la révolution et du futur, par la voix d’enfants à la clairvoyance singulière.
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Epicentro

En 1898, l’explosion du cuirassé USS Maine, près de La Havane, a été le déclencheur de la guerre hispano-américaine qui a entraîné l’invasion de Cuba par les Etats-Unis, mettant fin à la domination coloniale espagnole.
Pour Hubert Sauper, c’est le lieu même de naissance de l’Empire américain, il décide d’y placer son récit pour un portrait immersif et métaphorique de Cuba, pays toujours victime, selon lui, de la domination que lui a infligée les Etats-Unis.

"Epicentro n’est pas un film sur Cuba mais sur l’invention d’un discours américain qui prétend que les US doivent impérativement sauver le monde. J’explore ce discours depuis Cuba car cette île est l’endroit où, à mes yeux, tout a débuté en 1898 avec l’explosion de l’USS Maine, un big bang qui a mis fin à la domination espagnole et inauguré cette nouvelle ère."
Hubert Sauper
Réalisateur

Le pouvoir de l'image

De cet épicentre, Hubert Sauper se détache pour livrer une réflexion sur le pouvoir des images, leur manipulation et la propagande à grande échelle.
Le documentaire explore un siècle d’interventionnisme et de fabrication de mythes de Cuba, démontrant comment la propagande américaine a utilisé le cinéma pour imposer sa vérité.
L’image, fixe ou en mouvement, noire ou saturée de couleurs, récente ou d’archives, celle qui raconte et/ou fabrique l’Histoire, est le point central du documentaire.

Les jeunes prophètes

A La Havane, Hubert Sauper filme en particulier les enfants.
Fiers de leur pays et de leur culture, mais lucides sur la réalité quotidienne,
il les interroge sur le temps, l’impérialisme, le cinéma.
Agés d’une dizaine d’années, ils racontent l’histoire cubaine, telle qu’on leur a inculquée,
imprégnée du discours officiel, mais avec une perspicacité sous-jacente porteuse d’espoir.

"Je les appelle les jeunes prophètes, politisés et intelligents, je suis entièrement fasciné par leur sensibilité, leur drôlerie. Avec ma caméra j’arrive à transmettre cette grande fascination au public, à communiquer cette lumière intérieure de mes personnages, mais aussi les paradoxes et les contradictions de notre monde à l’intersection des vérités, des mensonges et des illusions des uns et des autres. Jean Rouch appelait ça “le cinéma du lien."
Hubert Sauper
Réalisateur

Le tourisme de masse

Selon Hubert Sauper, le tourisme de masse serait la troisième vague impérialiste que connaît Cuba, après la première, espagnole, et la seconde, américaine.
L’île communiste entretient un rapport ambigu avec le tourisme, tentant de s’ouvrir au monde, tout en percevant les assauts touristiques comme un affront au mode de vie cubain.

Si Epicentro se montre un brin partial, retraçant à peine les dérives du castrisme, il pousse cependant le spectateur, potentiel touriste “qui se balade au milieu des ruines et des gens surexploités en croyant que c’est le paradis”, à la réflexion.
Hubert Sauper s’interroge également sur l’effet de sa propre démarche documentaire : Filmer, n’est-ce pas comme faire du tourisme, avec une forme d’interventionnisme ?

Portrait d'Hubert Sauper

Emission 28 minutes – ARTE
Amira Souilem dresse le portrait du documentariste autrichien Hubert Sauper.

"Je comprends qu’on puisse me voir comme un blanc de plus dans ces pays, un touriste comme les autres. Sauf que mon métier m’offre le privilège de vivre 3 ans à La Havane, de me poser la question de ce que je fais sur place, (…) sans pour autant prétendre connaître la vraie Havane mieux qu’eux. Et j’ai souhaité aborder ce sujet avec un intellectuel chilien, penseur et philosophe, qui - avec son stylo comme moi avec ma caméra - se vit lui aussi comme un touriste. Bien sûr, lui comme moi nous sentons loin des Américains ivres qui hurlent dans leurs décapotables mais on sait pertinemment aussi qu’on ne peut pas s’extraire complètement d’eux."

Epicentro a obtenu le
Grand Prix du Jury du documentaire
au Festival de Sundance 2020.

Date de sortie le 03/02/2021

Epicentro
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