#Female Pleasure

#Female pleasure est un documentaire indépendant de la réalisatrice suisse Barbara Miller, s’inscrivant dans la mouvance actuelle sociétale et féministe, dont le vent revendicateur souffle pour dénoncer et remettre en question un système patriarcal (forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes) qui ne connaît pas de frontières.

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254 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque jour en France
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35% des femmes dans le monde ont subi des violences physiques ou sexuelles
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650 millions de femmes et de filles dans le monde ont été mariées avant l’âge de 18 ans
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On estime à 200 millions le nombre de femmes victimes d’excision dans le monde
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Une femme sur trois dans le monde a subi des violences
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On estime à 56 000 le nombre de femmes victimes d’excision en France
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16 % de la population a subi des maltraitances sexuelles durant son enfance
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1 % des viols sont condamnés par la justice

Sources : ONU Femmes, #Nous Toutes

Un documentaire réquisitoire

5 femmes témoignent

Barbara Miller présente le témoignage de cinq femmes dont le pays, la langue, la culture et la religion diffère. Toutes ont ce point commun d’avoir subi une oppression quant à leur sexe, mariage forcé, censure, viol, excision, harcèlement, misogynie… 

A travers le témoignage de ces cinq femmes qui ont décidé de lutter, le film tente de faire prendre conscience de cette discrimination présente mondialement, validée et légitimée par les autorités politiques ou les textes sacrés des grandes religions : chrétienne, juive, musulmane, bouddhiste, hindoue.

Une discrimination qui cible plus particulièrement la sexualité des femmes par la négation de leur corps.

Outre le message, la forme de ce documentaire réquisitoire est esthétique, la caméra filme tour à tour chacune des cinq femmes militantes, mêlant interviews en direct et images personnelles de leur vie, ou historiques, avec voix off.

© Mons Veneris Films GmbH/Juste Doc

Deborah Feldman

Deborah Feldman vient d’un milieu juif orthodoxe, dans le quartier de Williamsburg, à Brooklyn, New York. Mariée de force, étouffée par la rigidité des traditions et le mode de vie codifié et extrêmement rigoureux, elle parvient à fuir sa communauté et même à obtenir la garde exclusive de son enfant. Elle vit aujourd’hui à Berlin. Elle a publié son témoignage sous le titre “Unorthodox and Exodus“, également adapté en mini-série diffusée sur Netflix (Unorthodox, Anna Winger, 2020)

Le corps féminin est tout aussi sacré et précieux que le corps de l’homme. 

Leyla Hussein

Ils pratiquent le patriarcat, c’est une religion universelle.

© Mons Veneris Films GmbH/Juste Doc

Leyla Hussein est née à Mogadiscio en Somalie dans une famille musulmane privilégiée et très pratiquante. Elle est l’une des rares filles à pouvoir se rendre à l’école, pourtant, elle n’échappe pas au poids de la tradition et subit une excision à l’âge de sept ans. 

Devenue psychothérapeute, elle vit à Londres et milite activement pour l’intégrité physique et l’autodétermination sexuelle des femmes musulmanes. Elle anime notamment des ateliers, l’un deux, filmé dans le documentaire, la montre expliquant à de jeunes hommes comment se déroule une excision à l’aide d’un modèle de vulve géante en pâte à modeler, de ciseaux énormes et d’une aiguille. 

Ce n’est que de la pâte à modeler, mais notre esprit visualise cet acte violent, pratiqué au nom de l’Islam, bien que cela n’apparaisse pas dans le Coran.

Rokudenashiko

© Mons Veneris Films GmbH/Juste Doc

Rokudenashiko, nom d’artiste de Megumi Igarashi, est artiste plasticienne et mangaka au Japon (autrice de “L’art de la vulve, une obscénité”). 

Au Japon, les femmes doivent être discrètes, silencieuses

Quand, lors d’une performance d’art contemporain, elle décide de représenter artistiquement la vulve dans une création de moulage, agrandie puis transformée en canoé-kayak à l’aide d’une imprimante 3D, elle est arrêtée par la police, inculpée pour “obscénité encourageant des pulsions sexuelles dangereuses”, elle risque deux ans d’emprisonnement. On la suit lors de son procès en 2014.

Insolite, cet acte artistique avait pour but de dénoncer le tabou paradoxal japonais, alors que certaines rues sont jalonnées de visuels d’animés hyper sexualisés et qu’on célèbre la fête de la fertilité, le “Kanamara Matsuri”, où paradent des sculptures de phallus géants.

© Mons Veneris Films GmbH/Juste Doc

Doris Wagner

Doris Wagner a été élevé dans une famille catholique protestante en Bavière. A l’âge de 19 ans, elle entre dans les ordres à l’Œuvre (la Famille Spirituelle l’Œuvre).

 Elle y est violée à plusieurs reprises par son prêtre supérieur mais ne reçoit aucun secours de sa communauté, malgré deux lettres au pape et une plainte officielle. 

J’ai eu le courage de dénoncer un problème structurel qui confère à une minorité un pouvoir immense sur d’autres

 

Elle a depuis quitté sa congrégation et vient en aide aux victimes d’agressions sexuelles au sein de l’Eglise. Elle lutte également pour que les hautes instances chrétiennes admettent leur responsabilité.

Vithika Yadav

Grandir comme fille en Inde, c’est se faire tripoter, peloter, et harceler sexuellement. N’importe quand et n’importe où dans l’espace public. 

Vithika Yadav a grandi dans une famille hindoue traditionnelle du Rajasthan, dans le nord de l’Inde. 

Malgré les recommandations qu’on inculque à toutes filles dans son pays, telles que de ne pas regarder un homme dans les yeux, de ne jamais sortir seule, … elle constate que ces règles aberrantes ne protègent pas les femmes pour autant. Elle est elle-même victime d’agressions sexuelles et de harcèlements.

Loin de se résigner, elle lance en 2013 “Love Matters”, une plateforme d’éducation sexuelle qui sensibilise notamment sur la notion de consentement.

© Mons Veneris Films GmbH/Juste Doc

© Mons Veneris Films GmbH/Juste Doc

En réponse à ces luttes, ces femmes ont toutes subi des diffamations publiques, des menaces et des poursuites ; malgré la fatigue et le découragement qui peuvent parfois les atteindre, le ton du documentaire se veut résolument optimiste, voire combattif. 

Il est évident que ces femmes n’en resteront pas là. Par ailleurs, le film se veut didactique et rassembleur. S’il met le focus sur le témoignage de ces cinq femmes, il fait comprendre que le combat contre l’oppression du genre féminin est un combat qui englobe l’ensemble de l’humanité.

On ne peut pas enfermer les femmes et les hommes dans des stéréotypes, on ne changera pas un sexe indépendamment de l’autre. Nous devons tous changer.

Sortie DVD le 01/05/2021

Sources :
Textes : © Colaco
Images : © Mons Veneris Films GmbH/Juste Doc

Female pleasure
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