Le blob
Un génie sans cerveau

Baptisée le blob, une cellule géante, capable de résoudre des problèmes complexes et dotée de surprenantes capacités d’apprentissage, est observée sous toutes les coutures dans le documentaire scientifique de Jacques Mitsch : “Le blob – Un génie sans cerveau”.

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Ce n’est pas un animal, ni une plante, ce n’est pas un champignon non plus.

Il n’a pas de forme définie. Il vit, se déplace, digère, apprend, se reproduit, mais sans cerveau ni système nerveux.

Le Physarum polycephalum est un organisme unicellulaire rampant qui existe sur Terre depuis 500 millions d’années. Comme il n’est pas microscopique, on peut le voir à l’œil nu en laboratoire et le croiser dans la nature, plutôt dans les sous-bois car il n’aime pas la lumière.

C’est la chercheuse française Audrey Dussutour, éthologiste et chargée de recherche au CNRS à l’université Paul-Sabatier de Toulouse, qui l’a découvert et l’a surnommé ainsi de par sa ressemblance avec le héros du film de science-fiction The blob (Danger planétaire) d’Irvin S. Yeaworth Jr (1958), une masse visqueuse et flashy qui rampe et absorbe ses proies vivantes.

 

Auteur du best-seller scientifique « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans avoir jamais osé le demander », Audrey Dussutour a découvert que le blob est capable de mémoriser, de communiquer et de transmettre des connaissances.


Dans un article publié dans Proceedings of the Royal Society, elle explique avoir mené une expérience avec son collègue David Vogel : 2000 blobs ont dû apprendre à traverser une surface en évitant sur le chemin des substances répulsives (sel, quinine, caféine). Trois heures après, les chercheurs ont fait fusionner de nouveaux blobs n’ayant pas expérimenté le terrain, ceux-ci ont pourtant reçu l’information et ont pu suivre le parcours.

Les capacités surprenantes de cette forme de vie fascinent les chercheurs partout dans le monde.

Le documentaire nous emmène à la rencontre du biophysicien japonais Toshiyuki Nagaki ; des biologistes Stefano Mancuso et Frantisek Baluska à Florence, spécialistes de la cognition des plantes ; du Dr. Michael Levin de Boston qui étudie la communication des cellules, et du Pr. Andrew Adamatzky directeur du laboratoire d’informatique non conventionnelle de l’université de Bristol.

Prodige de l’évolution, percer les secrets du blob permettrait peut-être de comprendre des organismes comme les virus ou les bactéries, il pourrait nous renseigner sur nos origines, notre longévité, notre nutrition…



En parallèle des rencontres et des entretiens, Jacques Mitsch filme son documentaire en studio. Il y a filmé des blobs durant 4 mois...

Le time-lapse, avec son rythme d’une image toutes les minutes, donne l’effet d’un film d’animation. Par ailleurs, le documentaire est porté par une mise en scène inspirée des codes du film d’horreur, ce qui le rend aussi intéressant que divertissant.
J’ai la chance d’habiter à Toulouse, à 3km du laboratoire, et j’allais me fournir en blobs tous les jours. J’ai refait les expériences des scientifiques, j’ai fait des courses de blob, je l’ai fait sortir d’un labyrinthe… On avait quatre ou cinq caméras qui tournaient en permanence en time-lapse.
Jacques Mitsch
réalisateur

Sortie DVD le 11/03/2020

Le Blob un génie sans cerveau
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