« Quand les bombardements ont commencé, nous ne pensions pas que le reste du monde permettrait ça…»

Waad al-Kateab, jeune femme syrienne, vivait encore à Alep en 2011 lorsque la guerre a éclaté ; elle y restera avec son mari Hamza, médecin urgentiste, jusqu’en 2016. Parce qu’ils ont fait le choix de rester plutôt que de fuir, Waad al-Kateab dédie son film à sa fille, Sama, née en 2015 au milieu du chaos. 

Un film de 5 ans de guerre, qui retrace aussi leur histoire.

Film , pour Sama à obtenu :

Le Prix du meilleur documentaire à l’European Film Awards 2019

Le Prix du meilleur film documentaire aux BAFTA Awards 2020

Le Coup de cœur du Festival du film britannique de Dinard 2019

Le témoignage de Waad al-Kateab, en tant que journaliste-citoyenne, relate la guerre menée par le dictateur Bachar el-Assad contre son peuple ; il relate aussi son quotidien, le sien, mais aussi celui des Syriens pris en otage dans leur propre ville : la vie au rythme des bombardements, des gens, des familles qui tentent d’être heureux malgré les pertes toujours plus lourdes.

“Dès le début, j’ai voulu témoigner et montrer l’humanité qui subsistait autour de nous, plutôt que la mort et la destruction qui ne cessaient de faire la une des médias. En tant que femme dans un quartier conservateur d’Alep, j’ai pu voir et raconter comment les femmes et les enfants d’Alep vivaient, ce qui aurait été impossible pour un homme. Cela m’a permis de montrer le quotidien des Syriens qui essayaient malgré tout de mener une vie normale tout en luttant pour leur liberté.

Waad al-Kateab

Si c’est d’abord pour Sama qu’elle filme, sous forme de journal, de lettre, Waad al-Kateab a très tôt ressenti la responsabilité de témoigner en tant que syrienne, pour que leur histoire ne soit pas déformée. 

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L’autobiographie est devenue une action militante, un acte d’histoire où l’on ressent pleinement l’intime car c’est aussi pour Waad al-Kateab un acte de survie : 

“Quand je filmais, j’avais une
raison d’être là. Une raison de voir toutes ces scènes. Une raison de
voir tous ces morts. Nous nous sommes vraiment sentis abandonnés par le
reste du monde, et je ne voulais pas être à mon tour celle qui abandonne
ces gens en m’enfuyant pour sauver ma famille.”

Les images sont dures, rarement la violence de la guerre n’a été montrée de ce point de vue, à travers la vie d’une famille – la proximité et l’attachement rendent les images bouleversantes, davantage que celles, édulcorées, d’un reportage télévisé, désensibilisés que nous sommes aux images des médias qui nous semblent lointaines, impersonnelles.

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Forcée de quitter Alep en décembre 2016, Waad al-Kateab déménage avec sa famille, d’abord en Turquie, puis en Angleterre, où elle reçoit l’asile politique.

La chaîne britannique Chanel 4 News, avec qui elle avait déjà collaboré pour une série de reportages (Inside Aleppo), la met alors en contact avec Edward Watts, documentariste, pour coréaliser un film.

 

Avec tous les disques durs et plus de 500 heures d’images, Edward Watts est en charge du montage, afin de trouver la bonne approche du documentaire, son impact émotionnel, humain, avec la certitude qu’il faut montrer la réalité : « Ne pas montrer les images, c’est cacher que cela arrive et faire croire que le problème est réglé ou n’existe pas. »

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Date de sortie le 03/03/2020

Pour Sama
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