Une fois que tu sais

“Une odyssée qui touche à l’intime et transforme notre regard sur nous- même et sur le monde pour mieux construire l’avenir.”

Constat et "éco-anxiété"

Emmanuel Cappellin a étudié les sciences de l’environnement et le développement international à l’Université McGill ainsi que la réalisation et la production audiovisuelle au Berkeley Digital Film Institute (USA). Chef opérateur régulier de Yann Arthus-Bertrand, il a réalisé des interviews pour les films Témoins du climat (2009), Human (2015) et Woman (2020). Une fois que tu sais est son premier long métrage documentaire, avec la collaboration, à la réalisation et au montage, d’Anne-Marie Sangla.

Le documentaire se démarque des autres réalisations à visée écologique par son côté personnel. Emmanuel Cappellin énonce son propre parcours, ses questionnements et son constat face aux enjeux écologiques. En 2009, pour un projet de Yann Arthus-Bertrand, il voyage à travers le monde à la rencontre de personnes confrontées aux conséquences du changement climatique pour recueillir leurs témoignages. Il réalise qu’il n’est pas le seul à ressentir une anxiété, une inquiétude pour l’avenir et une peur face à l’incapacité d’inverser les tendances annoncées, notamment par les rapports du GIEC.

Cette eco-anxiété est provoquée par les différents scénarios annoncés par les scientifiques sur la viabilité de la planète, mais également par les changements visibles du climat ; en exemple l’année 2019 : en France avec les canicules, en Amérique du Nord avec les « dômes de chaleur », en Australie, Californie, Grèce ou Turquie avec les mégafeux (ou « méga-incendies »), en Inde et en Allemagne avec de graves inondations, au Groenland avec la fonte des glaces… Autant de données tangibles qui font naître un sentiment d’impuissance face à l’inexorable. Comment vivre aujourd’hui avec cette réalité du changement climatique et ce qui en découle, une fois le constat fait, « une fois que l’on sait » … ?

Au départ, c’est un film que j’ai fait pour les gens qui souffrent d’éco-anxiété – même s’il s’adresse à tous (…). Ils pensent que le monde va très mal, mais, voyant les immenses inégalités face à cette situation, ils ne se sentent pas légitimes à ressentir cette douleur psychique. Ce film est là pour leur dire : si vous ressentez cela, vous n’êtes pas seul, c’est bien réel... Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? (…) Comment finalement avoir un impact et permettre un changement ?

Emmanuel Cappellin

Rencontres

C’est pour répondre à ces questions qu’Emmanuel Cappellin est allé interroger des spécialistes de l’énergie et des climatologues. Ces scientifiques partagent leur expérience, leur vision, leurs émotions par rapport à la situation et comment ceux-ci vivent avec leurs connaissances. Tous s’accordent à dire que l’action est nécessaire, non plus pour éviter la catastrophe, mais pour l’atténuer, et apprendre à se réadapter. L’eco-anxiété peut être un moteur de mobilisation qui pourrait permettre la mise en place d’une action collective.

Pablo Servigne, ingénieur agronome et conférencier : auteur de « Comment tout peut s’effondrer » ; il a popularisé le concept de “collapsologie”.

Jean-Marc Jancovici, ingénieur, écrivain et conférencier : connu pour sa vulgarisation sur les thèmes de l’énergie et du climat. Il prône la notion de retour des limites, c’est à dire de réapprendre à vivre en univers contraint.

Richard Heinberg, écrivain et fondateur du Post Carbon Institute : expert de l’épuisement des ressources pétrolières. Inspirateur des Villes en Transition.

Saleemul Huq, expert sur l’adaptation et conseiller en négociation du GIEC : représente les intérêts des pays les moins avancés aux négociations internationales sur le climat.

Susanne Moser, géographe au sein du GIEC : experte de la montée des eaux et spécialiste de la résilience et de la communication sur le climat.

Emmanuel Cappellin revient dans son village de Saillans, dans la Drôme, avec ces données et ce nouveau constat : nous ne sommes pas seuls. Après l’inertie, avant même de mener un combat au niveau mondial, une application locale est possible, et donc un espoir. Si l’on agit, et surtout si l’ont agit ensemble, tout n’est pas perdu. Voici la réponse à l’anxiété.

(…) le local, c’est là que les choses redeviennent possibles, qu’on a une prise sur nos relations sociales, sur comment on se nourrit, on se chauffe ou on se déplace. On peut se sentir écrasés par cette crise environnementale, mais c’est en revenant à une juste échelle, humaine, qu’on avance à petit à petit.

Emmanuel Cappellin
  • Eco-anxiété

    Notion théorisée dès 1997 par Véronique Lapaige, chercheur en santé publique. Sentiment de préoccupation, d’anxiété et d’angoisse causé par les crises environnementales, reliées notamment au dérèglement climatique. Même s’il n’existe aucune définition qui fasse consensus d’un point de vue médical, depuis 2019, les médias la citent de plus en plus en tant que « mal du siècle ».

  • Collapsologie

    Il s’agit d’un concept, co-inventé par Pablo Servigne et Raphaël Stevens : « l’exercice transdisciplinaire d’’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur (…) la raison et l’intuition, et sur des travaux scientifiques reconnus ». (Comment tout peut s’effondrer)

  • GIEC

    Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat.

  • Résilience collective

    Capacité d'une communauté de continuer à vivre, fonctionner, se développer et s'épanouir après un traumatisme ou une catastrophe.

Une fois que tu sais, tu ne peux plus être le même.

Richard Heinberg

Prix Ushuaia au Festival Nature et environnement, FNE Isère, 2021
Earth’s choice award au Earth day film festival, USA, 2020
Prix du Meilleur long métrage documentaire au Festival du film d’éducation d’Evreux, 2020
Major Película au Festival du film Another Way, Espagne, 2020
Prix du jury au Hong Kong film festival, 2020

Date de sortie le 07/06/2022

Une fois que tu sais
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